Voyage Moto Inoubliable :
Pourquoi un road trip moto à travers l’Europe ?
Pourquoi un road trip moto à travers l’Europe ? Parce qu’aucun autre voyage ne permet de vivre une telle diversité en si peu de temps : cols alpins vertigineux, villages authentiques, routes panoramiques et cultures qui changent à chaque frontière.
À moto, tout prend une autre dimension : on respire l’air des montagnes, on sent les odeurs des forêts, on s’arrête où bon nous semble.
Ce carnet raconte notre traversée de 7 pays européens, avec récits d’étapes et infos pratiques pour inspirer – et peut-être préparer – votre propre aventure.
🌍 Jour 1 – Du soleil de Cassis aux hauteurs de Valmeinier
Le voyage a commencé avant même de tourner la clé.
La veille, Audrey et Thierry – nos amis complices – nous ont fait une surprise mémorable : un apéro improvisé en haut de la route des Crêtes. Là-haut, face à la baie de Cassis, le soleil s’éteignait lentement dans une explosion de couleurs, rouge flamboyant et or profond. Le spectacle était à tomber par terre. Entre rires, verres levés et cette vue grandiose, le voyage avait déjà le goût de l’aventure, même avant le premier kilomètre.
Le lendemain matin, place au concret. Charger les Tigers 900 GT Pro, c’était comme empaqueter une petite maison roulante. Dans nos sacs Explorer et nos Motobags (valises semi-rigides) LoneRider, fidèles compagnons de route et alliées de nos aventures. Au total ce n’est pas moins de 400 litres de bagages à notre disposition. Tout est organisé : équipement étanche, tente, duvets, trousse de secours, appareil photo, outils et accessoires. Chaque objet racontait déjà une partie du voyage à venir.
Côté équipement, nous étions prêts à affronter les caprices de la route. Moi, avec mon pantalon REV’IT perforé, ma veste Avalon Klim et mes Bottes Forma Adventure Lady WP, un trio pensé pour la chaleur comme pour la protection. Cristian, lui, avait opté pour un pantalon Klim à trous et une veste Triumph à trous : légèreté et ventilation maximales, indispensables par ces températures.
La route s’est ouverte sous un ciel bleu éclatant, mais la chaleur a vite rappelé que l’été était bien là. Dans la vallée, le thermomètre s’est affolé : 36 °C. Même avec des tenues pensées pour respirer, chaque arrêt ressemblait à une séance de sauna improvisée. Heureusement, l’appel des montagnes nous guidait vers l’air plus léger des sommets.
Premier arrêt au lac de Serre-Ponçon. L’eau turquoise étalait sa fraîcheur insolente, comme une invitation à plonger, bottes comprises. Mais la route n’attendait pas. Nous avons repris les guidons, direction les grands cols.
Le Col du Lautaret, puis le Col du Galibier : à mesure que nous grimpions, l’air s’affinait, les odeurs de résine remplaçaient celles de l’asphalte chauffé à blanc. Là-haut, le contraste était saisissant : une mer de chaleur stagnait dans les vallées, tandis que nous goûtions au souffle vif de l’altitude. Le moteur ronronnait, les virages s’enchaînaient comme une danse mécanique.
Le soir, à Valmeinier 1800, nous avons posé nos bagages à l’hôtel L’Aigle. Jacuzzi face aux montagnes, dîner copieux au pied des pistes, et une balade nocturne sous les étoiles pour digérer.
La première étape s’achevait dans le confort, presque trop facile. Mais nous savions que la route ne serait pas toujours aussi douce…
Route des Crêtes à Cassis – face au vertige du Cap Canaille – France
Lac de Savine – joyau turquoise des Alpes – France
Entre deux cols, une assiette qui réchauffe le cœur autant que le pilote- Valmeinier 1800 – France
🛠️ Encadré pratique – Jour 1
- Itinéraire du jour :
- → Cassis
- → Serre-Ponçon
- → Col du Lautaret
- → Col du Galibier
- → Valmeinier 1800
- Kilométrage estimé : 400 km
- Hébergement : Hôtel L’Aigle, Valmeinier 1800 – jacuzzi
- Repas : PicNic / Restaurant
- Difficultés : chaleur extrême dans la vallée (jusqu’à 36 °C)
🌟 Moment fort
Balade nocturne dans la station avec vue sur la vallée illuminée par un coucher de soleil sublime
Valmeinier de nuit – la route des Alpes qui scintille dans la vallée – France
🌍 Jour 2 – Pause à Valmeinier : La Montagne Autrement
Après une première étape intense sur la route, nous avons choisi de lever un peu le pied. Le road trip, ce n’est pas seulement avaler des kilomètres, c’est aussi savoir savourer une halte. Et quoi de mieux que Valmeinier, perchée à 1 800 mètres, pour prendre le temps.
Pas de moto aujourd’hui. Les Tigers sont restées sagement garées devant l’hôtel, comme deux fauves assoupis après la chasse. Nous, c’est à pied que nous sommes partis explorer les sentiers alpins.
Le télésiège des « Jeux » nous a emmenés jusqu’au sommet, au-dessus de la station. De là, nous avons marché une vingtaine de minutes pour rejoindre la table d’orientation. La boucle peut se parcourir dans les deux sens : nous avons choisi le tour anti-horaire. L’ascension, rude et directe, suivait la ligne d’une piste rouge de ski et nous a menés rapidement à notre objectif. Là-haut, le spectacle valait chaque pas : la vue s’ouvrait sur le massif des Écrins, le glacier de Pelvoux, et toute une constellation de sommets environnants qui semblaient flotter dans la lumière.
Nous avons sorti le pique-nique préparé le matin et partagé ce repas simple mais précieux, face à ce décor de carte postale. La chaleur, toujours bien présente, se faisait oublier grâce à cet air alpin vivifiant et ravigorant, qui donnait presque des ailes après la lourdeur de la veille.
Pour la descente, nous avons poursuivi le tour par l’autre côté de la boucle : une piste verte, douce et sinueuse, qui serpentait à travers les alpages. Plus longue mais plus facile, elle nous a ramenés tranquillement de la table d’orientation jusqu’au bas de la station. Entre les cloches des vaches et les sifflements de marmottes, la marche avait un goût de retour apaisant, comme un long souffle avant de replonger dans le rythme du voyage.
Le soir, retour à l’hôtel L’Aigle. Jacuzzi, repas montagnard, rires et discussions tardives : la pause fut douce, presque un cocon hors du temps. Dans les bulles chaudes, une conversation improvisée avec des motards italiens a prolongé la magie : échanges d’itinéraires, anecdotes de voyage, et ce langage universel qui unit les voyageurs sur deux roues.
Vue sur le Parc National des Ecrins – Valmeinier 1 800m – Savoie – France
🛠️ Encadré pratique – Étape 2
- Itinéraire : choisissez le sens anti-horaire si vous préférez une montée raide mais rapide (piste rouge) et une descente douce mais plus longue (piste verte)
- Pratique : des tables de pique-nique sont disponibles à proximité de la table d’orientation, pour ceux qui préfèrent manger confortablement plutôt que dans l’herbe
🤝 Rencontre du jour
Deux couples de motards italiens, croisés dans le jacuzzi de l’hôtel, avec qui nous avons partagé rires et récits de voyage. Comme souvent, les routes et les bulles suffisent à créer des amitiés spontanées.
Valmeinier 1 800m – Alpes Françaises – France
🌍 Jour 3 – La Canicule Suisse et l’Appel du Matelas
Le réveil sonne tôt à Valmeinier. Le temps de charger nos MotoBags, d’enfiler nos tenues ventilées — pantalon Revit perforé + veste Avalon Klim pour moi, pantalon Klim ventilé + veste Triumph mesh pour Cristian — et nous reprenons la route. Direction Chamonix, avec déjà une première mission : trouver de quoi pique-niquer. Une halte rapide au supermarché, et nous voilà repartis, le sac rempli de victuailles.
Mais la canicule ne nous laisse aucun répit. Le thermomètre dépasse les 35 °C dès la matinée, rendant chaque pause précieuse.
Le roadbook nous fait visiter Megève, la seule évocation du nom fait déjà rêver notre imagination : Chalet gigantesque, voiture de luxe …..
A ce moment là, le seul vrai rafraîchissement était la vue sur les sommets enneigés du majestueux Mont Blanc, le toit de l’Europe.
Nous enchaînons les virages jusqu’au col des Montets (1 461 m), qui nous offre une vue superbe sur les Aiguilles Rouges et un parfum de fraîcheur éphémère. Puis, un peu plus loin, nous franchissons le col de la Forclaz (1 527 m) pour basculer en Suisse. Le contraste est saisissant : les paysages changent, mais la chaleur, elle, reste écrasante.
La route longe ensuite le Rhône, ses eaux puissantes coulant comme un ruban argenté au milieu de la vallée. Un décor splendide, mais qui ne parvient pas à faire oublier la pesanteur de l’air.
En fin de journée, nous atteignons la vallée de Zermatt et posons nos casques dans un gîte. L’endroit est simple, propre, avec un charme un peu suranné. Seul bémol : il se trouve juste à côté de la voie ferrée. Heureusement, le bruit des trains se fait vite oublier… contrairement à la chaleur, qui, sans climatisation, est presque suffocante.
Pour le dîner, nous improvisons un festin de voyageurs : saucisses au barbecue, salade, chips et un melon charentais qui, hélas, manquait de soleil. Peu importe : assis à table, nous savourons ce moment de repos.
La vaisselle rangée, les affaires triées pour le lendemain (nous irons à Zermatt à une seule moto), une dernière hésitation nous traverse : et si nous sortions marcher au bord du Rhône ? Mais nos corps ont déjà choisi. Comme des loutres, nous nous jetons sur le lit, prêts à sombrer dans un sommeil réparateur.
Mont Blanc – France – Monte Blanco – Italie
Col des Montets (1 461m) – La route se fait murmure entre vent et lumière – France
Forclaz (1 527m) – Col de la Forclaz – le passage suisse entre ciel et vallée – Suisse
🛠️ Encadré pratique – Étape 3
- Itinéraire du jour :
- →Valmeinier
- → Chamonix
- → vallée du Rhône
- → vallée de Zermatt
- Kilométrage moto : env. 250 km
- Cols passés :
- Col des Montets 1 461m
- Col de la Forclaz 1 527m
- Conditions : Canicule, plus de 35 °C
- Repas : Dîner barbecue au gîte
🤝 Rencontre du jour
Pas de grande rencontre aujourd’hui, mais une complicité partagée : ce sont les 35 °C qui ont été nos véritables compagnons de route, imposant leur rythme à chaque arrêt et à chaque kilomètre.
Entrée de Megève – le Mont-Blanc en toile de fond – France
🌍 Jour 4 – Au cœur des glaciers
Aujourd’hui, une seule de nos Tigers a repris la route. L’autre s’est accordée une journée de repos, tandis que nous partions à deux sur la même selle, direction le Cervin. Cette montagne mythique porte bien des noms : Matterhorn côté suisse, Monte Cervino côté italien… et elle a même inspiré la forme triangulaire du fameux chocolat Toblerone. Une pyramide de roche et de glace devenue symbole à la fois des Alpes et de la gourmandise.
Notre périple débute à Täsch, dernière étape accessible aux moteurs avant l’univers piéton de Zermatt. La moto garée (contre quelques francs suisses…), nous embarquons dans un petit train rouge qui serpente entre les sapins et file vers le village interdit aux voitures.
Là, une marche d’une vingtaine de minutes nous attend : traversée d’un décor de carte postale, entre chalets fleuris, ruelles pavées et effluves de chocolat chaud. Ce simple trajet donne déjà le ton — ici, tout se mérite, tout se savoure.
Au bout du village, le Matterhorn-Express s’élève lentement vers les nuages.
Le téléphérique dévoile peu à peu un monde suspendu : glaciers étincelants, cascades bondissantes, lacs aux reflets métalliques, pâturages paisibles… La montagne respire, et nous avec elle.
Les 45 minutes d’ascension défilent comme un rêve. Et quand on croit toucher le ciel, un second téléphérique nous entraîne encore plus haut. À 3 883 mètres d’altitude, nous posons enfin le pied sur la terrasse panoramique. Le souffle se coupe — est-ce l’air raréfié, ou la beauté du spectacle ? Devant nous, plus de 12 sommets suisses et italiens se dressent fièrement, comme une couronne de géants veillant sur les vallées. Nous savourons cet instant.
Nous plongeons ensuite la grotte des glaces, un univers bleuté et silencieux où des sculptures translucides figées semblent éternelles. Puis vient une marche insolite : une piste de ski transformée en sentier, où la neige fond à vue d’œil. Chaque pas demande vigilance, pour ne pas s’enfoncer dans ce tapis blanc qui se dérobe.
À midi, nous redescendons pour un pique-nique simple, partagé avec un couple de Japonais devant l’Ice Cube, musée retraçant l’histoire du Cervin et de ces installations défiant la montagne. Leurs sourires émerveillés faisaient écho aux nôtres : peu importe d’où l’on vient, face à ces géants, nous sommes tous des enfants.
La journée continue avec un contretemps heureux : un arrêt photo manqué, puis recommencé grâce à la souplesse de nos billets journaliers. Résultat : une image sublime, avec le Cervin en arrière-plan comme un totem éternel.
De retour à Zermatt, nous flânons au bord de la rivière. Le clapotis de l’eau guide nos pas jusqu’à la vitrine de Lindt, où une glace crémeuse devient notre récompense.
Et comme pour couronner la journée, un troupeau de chèvres descend vers l’étable, guidé par des bergères souriantes. Les cloches tintent, les rires fusent : un instant de folklore alpin, simple et vrai.
Quand le petit train nous ramène à Täsch, notre Tiger nous attend, patiente et fidèle. Elle sait, comme nous, qu’aujourd’hui, nous avons touché le sommet — pas seulement celui des Alpes, mais celui de nos émotions.
Sur les neiges éternelles du Breithorn, le silence ne se rompt qu’au rythme des crampons
Matterhorn Express – le Cervin au-dessus des lacs – Toblerone
🛠️ Encadré pratique – Étape 4
- Itinéraire du jour :
- →Täsch
- → Zermatt
- → Matterhorn Glacier Paradise (3 883 m)
- → retour Täsch
- Transport : train Täsch-Zermatt (parking payant à Täsch) + téléphériques Matterhorn Express
- Marche d’approche : compter au moins 20 minutes à pied à travers Zermatt pour rejoindre la gare du téléphérique
- Temps de trajet téléphérique : env. 45 min (2 tronçons)
- Activités : terrasse panoramique (3 883 m), grotte des glaces, sentier sur neige, musée Ice Cube
- Budget : billet combiné Täsch-Zermatt + téléphériques relativement élevé (prévoir une journée complète pour rentabiliser)
- Conseil pratique : emporter pique-nique et vêtements chauds : même en plein été, le vent mord au sommet.
🤝 Rencontre du jour
Un couple de Japonais, pique-niquant comme nous devant l’Ice Cube. Nous n’avions pas la même langue, mais nous partagions les mêmes regards émerveillés. La montagne n’a pas besoin de traducteur : elle parle directement à l’âme.
Glacier Palace – Gletscher Palast – Sculpture de glace – Union des drapeaux suisse et italien- Zermatt – Suisse
🌍 Jour 5 – Entre cols alpins, Principauté et Moustiques Autrichiens
Le réveil a sonné tôt ce matin. Nos sacs Explorer et nos Motobags étaient déjà prêts, les moto chargées, et la route nous appelait. Après Zermatt, direction l’Autriche ! La première partie du trajet sous un soleil de plomb semblait monotone, mais tout a changé dès que nous avons commencé à prendre de l’altitude.
Premier col de la journée : la Furka (2 436 m). Les lacets s’enchaînent avec une fluidité surprenante pour une route de montagne. Chaque virage offre un nouveau tableau : falaises abruptes, glaciers encore visibles au loin, le torrent de la source du Rhône rugissant descendant des sommets. On sent le moteur vibrer sous nous, et le parfum des pins nous enveloppe à chaque pause. On a dû s’arrêter plusieurs fois, hypnotisés par la lumière du soleil jouant sur la roche et la glace.
Une pause s’imposait à l’Hôtel Belvédère, perché dans un virage en épingle à cheveux. Cet hôtel historique, construit en 1882, a servi de décor à une scène mémorable du film Goldfinger de James Bond en 1964. Sean Connery y poursuit le méchant Auric Goldfinger à travers les Alpes suisses. Aujourd’hui, l’hôtel est fermé et en ruine, mais sa silhouette imposante et son emplacement spectaculaire en font un lieu incontournable pour les amateurs de cinéma et de paysages alpins. La vue sur le Rhône Glacier, bien que moins impressionnante qu’auparavant, reste saisissante.
Puis vient le col de l’Oberalp (2 044 m), plus sauvage tout en étant un carrefour touristique très prisé. La route serpente au milieu de pâturages en parfaite harmonie avec la ligne de chemin de fer de l’historique train panoramique Le Glacier Express. On y croise des vaches aux cloches tintantes, et les forêts de conifères laissent parfois place à des crêtes escarpées offrant une vue vertigineuse sur les vallées en contrebas. Les virages sont plus techniques, demandant concentration et douceur sur la poignée, mais la récompense est à chaque panorama. La chaleur est toujours là, mais l’air alpin est vivifiant, et les pauses photo deviennent des rituels incontournables.
À midi, petite halte dans un village perché pour le déjeuner. Terrasse ensoleillée, plats simples mais délicieux : les pinsa locales, croustillantes et parfumées, parfaites pour recharger les batteries. Le repos est bienvenu après la concentration nécessaire pour franchir ces deux cols exigeants.
Sur la route, nous passons par Heididorf, le village de Heidi. Ce lieu a réveillé de doux souvenirs d’enfance : les aventures de ce dessin animé culte resurgissaient à chaque coin de rue, à chaque maison en bois. Puis nous traversons le Liechtenstein, cette micro-principauté charmante mais étonnamment calme. Les moto se faufilent entre les petites routes bordées de maisons colorées et de prairies impeccables.
En fin de journée, l’Autriche nous accueille avec ses routes plus larges et ses villages tranquilles. À Frastanz, nous trouvons un hôtel simple mais confortable. La chambre est spacieuse mais sans climatisation… et les moustiques se chargent de nous rappeler que l’été est bien là.
Pour le dîner, le restaurant turc attenant à l’hôtel est un vrai bonheur. Les plats parfumés et généreux nous redonnent de l’énergie. Ensuite, direction les lits, impatients de reprendre la route vers le col de Gerlos demain.
Furka Pass. Virages. Tigers. Glaciers. Scène de James Bond garantie – Suisse
Obëralp Pass – Route alpine et lacs de montagne – Suisse
Halte gourmande – découverte de la Pinsa – Suisse
🛠️ Encadré pratique – Étape 5
Itinéraire du jour :
- →Zermatt
- →Furka (2436 m) : virages serrés, falaises impressionnantes, glaciers visibles au loin, nombreux points de vue pour photos, pause photo à l’Hôtel Belvédère (Goldfinger, James Bond, 1964)
- →Oberalp (2044 m) : route sinueuse mais plus technique, pâturages et forêts de conifères, panoramas vertigineux sur les vallées, ambiance alpine sauvage
- → Frastanz (Autriche)
Spécialité locale à goûter : → Pinsa (mi-pizza, mi-pain)
🤝 Rencontre du jour
À notre arrivée à Frastanz, nous avons croisé un couple de motards originaires de Saint-Étienne (France) sur le chemin du retour, partageant quelques anecdotes de leurs aventures alpines.
HeidiDorf – Suisse
🌍 Jour 6 – L’Autriche, ses Cols et ses Schnitzels
Départ matinal ce matin, à 8h30, pour échapper à la chaleur déjà intense. Le soleil caressait les cimes et les prairies verdoyantes, et l’air du matin était frais et vivifiant. Nous avons pris la direction d’Innsbruck, en privilégiant les petites routes sinueuses, celles que seuls les motards connaissent et chérissent. Chaque virage semblait raconter une histoire, chaque montée offrait un panorama plus grandiose que la précédente.
Le premier col de la journée fut le Hahntennjoch (1 894 m). Une route en lacets étroits où chaque virage dévoile un paysage différent : pâturages verts immaculés, troupeaux de vaches paisibles, montagnes abruptes et sommets encore enneigés. L’adrénaline de la montée se mêlait au plaisir de contempler ces panoramas alpins. Une pause photo s’imposait, évidemment : le spectacle valait chaque minute passée sur la selle.
Puis nous avons enchaîné avec le Sattel Parkplatz (1 600 m), une portion plus tranquille mais tout aussi charmante. Les routes sont plus larges, mais les virages restent sinueux, offrant un parfait terrain de jeu pour les Tigers. Ici, la nature reprend ses droits : forêts épaisses, torrents d’eau cristalline et prairies sauvages où paissent des chevaux. La route serpente entre ces merveilles, et chaque arrêt est l’occasion de sentir l’odeur des pins, d’écouter le chant des oiseaux et le murmure de l’eau.
Nous avons ensuite franchi le Kühtai (2020 m), col mythique des motards, avec ses virages en lacets serrés et ses vues panoramiques sur les vallées autrichiennes. Les lacets sont serrés, mais le spectacle est là ! À cet instant, le temps semblait suspendu, et chaque inspiration emplissait nos poumons d’air pur et d’une énergie nouvelle.
Pour le déjeuner, nous avons eu la chance de tomber sur un festival folklorique typique du Tyrol pour la fête de l’Assomption de Marie (Maria Himmelfahrt). La place était animée : des petites maisons en bois peintes, chacune dédiée à une fonction – nourriture, boissons, caisse – et une estrade où un orchestre en habits traditionnels jouait des airs joyeux. Nous avons partagé une grande table de bois avec d’autres visiteurs, dégustant schnitzels, saucisses et spécialités locales dans une ambiance conviviale et festive. Le rire, la musique et l’odeur des plats se mélangeaient au parfum des fleurs des montagnes. Une vraie célébration de la culture autrichienne !
Après ce repas inoubliable, nous avons repris la route pour rejoindre Gerlos, notre étape du soir. La route offrait encore quelques cols et virages à savourer, et la lumière de fin d’après-midi accentuait les reliefs, rendant les paysages presque irréels. Arrivés à l’hôtel, nous avons posé nos casques et nos gants, satisfaits de cette journée riche en découvertes et en sensations.
HochtannbergPass – entre vallées et cimes autrichiennes – Autriche
Kühtai- Kuhtai – Route alpine autrichienne à plus de 2000 mètres -Autriche
🛠️ Encadré pratique – Étape 6
- Itinéraire du jour :
- →Frastanz
- →Hahntennjoch (1894 m) : virages étroits, panoramas alpins, pâturages et troupeaux, pauses photo indispensables
- →Sattel Parkplatz (1600 m) : route plus large mais sinueuse, forêts et torrents, paysages bucoliquesKühtai (2020 m) : col mythique pour motards, lacets techniques, vues spectaculaires sur les vallées autrichiennes
- Repas : Festival folklorique avec schnitzels, saucisses, ambiance conviviale et orchestre traditionnel
🌟 Rencontre du jour
Le groupe de musiciens folkloriques du festival, qui nous a accueillis chaleureusement, partageant rires et mélodies avec nous.
Musikkapelle – Autriche
🌍 Jour 7 – L’Apogée du Grossglockner et la Surprise Autrichienne
On a quitté Gerlos ce matin, un dernier salut aux vaches qui broutaient paisiblement sur le terrain de foot, un moment simple et précieux que nous avons partagé en visioconférence avec nos petites-filles.
Avant d’attaquer la montée vers le col de Gerlos, nous avons fait une courte halte au Parkplatz Filzsteinalpe (1 628m). Le panorama n’avait rien d’exceptionnel, mais pour nous, c’était l’occasion d’immortaliser une nouvelle photo de col dans notre collection. Ces petits arrêts, presque anodins, deviennent au fil du voyage des repères, des balises d’aventure qui racontent notre progression à travers les montagnes.
La route vers le Grossglockner commence par le col de Gerlos (1 500 m), célèbre pour ses panoramas vertigineux et ses routes en lacets parfaites pour les motards. Ne manquez surtout pas un arrêt aux chutes de Krimml (Krimmler Wasserfälle), ces trois cascades majestueuses, les plus hautes d’Autriche, où l’eau dévale 380 mètres dans un vacarme tonitruant et une brume rafraîchissante. L’air chargé d’humidité et le grondement de l’eau créent une atmosphère presque mystique, idéale pour se rappeler que l’aventure est avant tout sensorielle.
Plus loin, le col de Thurn (1 274 m) se dévoile avec sa succession de virages en épingle et ses panoramas sublimes. Dans l’un de ces virages, la télécabine de Kitzbühel grimpe la montagne, offrant aux voyageurs un point de vue unique sur les vallées et les sommets alentours. La route sinueuse est exigeante mais gratifiante, chaque lacet dévoilant un nouveau tableau alpin digne d’une carte postale.
Puis arrive le Grossglockner, véritable joyau des Alpes autrichiennes et emblème des motards du monde entier. La Grossglockner Hochalpenstrasse est un chef-d’œuvre d’ingénierie : 48 km de route, des tunnels et des viaducs, une route qui serpente entre prairies alpines et glaciers, offrant à chaque virage une nouvelle perspective sur l’immensité montagneuse. Les panoramas sont à couper le souffle : pics enneigés, glaciers bleutés, vallées profondes et lacs d’altitude scintillants.
Nous avons fait un arrêt à l’Edelweissspitze (2 572 m), le plus haut point accessible de la route. La montée est un vrai défi pour les motards, les pavés sont glissants et on doit partager cette route très étroite et en dévers avec les voitures, mais le panorama qui s’offre à nous récompense chaque pointe de stress de cette montée uniques : des sommets alpins à perte de vue, la vallée en contrebas et le sentiment d’être suspendus au sommet du monde. Les motards le savent : rouler ici est un privilège. Les virages sont techniques mais incroyablement jouissifs.
Après avoir profité de la vue et du calme du sommet, nous reprenons la route direction le tunnel du Hochtor, l’un des passages les plus emblématiques de la route. Ce tunnel creusé dans la roche relie les deux versants du massif et symbolise littéralement le passage “de l’autre côté”.
À la sortie, le col du Hochtorpass (2 504 m) nous accueille avec sa sculpture en pierre monumentale, témoin de l’histoire de cette route alpine. Le vent souffle fort, les nuages s’accrochent aux crêtes, et face à ce décor brut, on ressent toute la puissance des montagnes. C’est un endroit simple, mais chargé de symboles — celui du franchissement, de la persévérance et du lien entre les versants de la vie.
Durant le pique-nique, nous avons eu l’occasion d’échanger avec Tobias, un motard d’origine hongroise, passionné de voyages à moto, avec qui Cristian a partagé anecdotes et conseils sur les routes alpines.
Nous sommes remontés sur nos Tiger et avons parcouru la route jusqu’au point le plus profond de ce glacier hors du temps : Le Grossglockner .
Après avoir immortalisé ces instants en photos, nous avons exploré les tunnels et les étages supérieurs du Grossglockner, avec ses musées dédiés à l’automobile, à l’alpinisme et à l’histoire de KTM. L’orage nous a surpris, mélange de pluie et de grêle, mais nous avons patienté à l’abri, admirant l’ingéniosité de cette route et de ses infrastructures.
Quand la pluie s’est enfin arrêtée, nous avons profité pour visiter le magasin de souvenirs, flânant parmi les objets et ramassant quelques petits trésors en mémoire de cette journée exceptionnelle.
Une fois équipés de nos tenues étanches Klim, nous avons entamé la descente, chaque virage restant un pur bonheur malgré le ciel menaçant. La pluie s’est arrêtée quelques instants, juste le temps de savourer la route fantastique longeant la rivière Mur, environ 60 km de pur plaisir pour nous et nos motos.
Enfin, nous sommes arrivés à l’hôtel juste avant la nuit. La cuisine était fermée, mais le goulash servi a été un réconfort bienvenu après cette journée intense, nos poignées et selle chauffantes nous rappelant que chaque détail compte pour les motards.
Le ThurnPass, relie les vallées du Tyrol et du Pinzgau
Grossglockner – 90 ans de route légendaire à travers les Alpes autrichiennes
🛠️ Encadré pratique – Étape 7
- Itinéraire du jour
- →Gerlos
- →Filzsteinalpe (Parkplatz) : halte photo pour ajouter un col à la collection
- →Gerlos (1 500 m) : lacets parfaits pour motards, panoramas vertigineux, arrêt aux Krimmler Wasserfälle
- →Thurn (1 274 m) : virages en épingle, télécabine de Kitzbühel, vues sur vallées et sommets
- →Edelweissspitze (2 572 m) : Route en pavé panoramas grandioses
- →Hochtorpass (2 504 m) : tunnel emblématique et sculpture en pierre, passage symbolique entre les versants
- →Grossglockner (3 798 m) : Glacier
- Conseils pratiques : pauses photos fréquentes, profiter de chaque virage
🌟 Rencontre du jour
Tobias, motard hongrois passionné de voyages, avec qui Cristian a partagé anecdotes et conseils sur les routes alpines
Edelweissspitze, un balcon sur les Alpes : 2 571 m de pure émotion
🌍 Jour 8 –Le Festival des Cols et une Nuit High-Tech
Le réveil s’est fait en douceur ce matin, bercé par le chant des oiseaux et l’odeur des fruits frais déposés sur la table du petit-déjeuner. Pas de précipitation, juste le plaisir de savourer ces instants suspendus avant de reprendre la route.
Nous avons pris la route tôt, cap sur le Sölkpass (1 790m), préférant un itinéraire en zigzag sur les petites routes départementales. Chaque virage offrait une nouvelle perspective : pâturages verdoyants, rivières scintillantes et montagnes imposantes qui semblaient s’incliner pour nous saluer. Le vent sur nos visages apportait une fraîcheur bienvenue malgré la chaleur de la journée.
Les cols s’enchaînaient comme les chapitres d’un roman que l’on dévore avec gourmandise :
- Sölkpass (1 790 m) : une montée progressive mais sinueuse, bordée de forêts de conifères et de prairies alpines. La route alterne lacets serrés et lignes droites offrant un rythme parfait pour les motards. Des points de vue apparaissent à chaque virage, invitant à immortaliser les vallées verdoyantes et les montagnes environnantes encore saupoudrées de neige. L’air frais, chargé du parfum des fleurs et de l’herbe humide, devient un véritable tonic pour le corps et l’esprit.
- Gafelsattel (1 431 m) : un col plus technique, avec ses virages en épingle exigeant concentration et douceur sur la poignée. La route serpente à travers des forêts denses et des pâturages où paissent tranquillement les vaches aux cloches tintantes. La lumière du matin joue sur les crêtes, créant des contrastes lumineux spectaculaires sur les vallées et les sommets. Chaque virage semble raconter une histoire, et la descente offre des panoramas successifs qui captivent le regard.
- Alplpasshöhe (1 173 m) : col plus large et ouvert, offrant un véritable balcon sur les vallées environnantes. Les sommets enneigés au loin, les villages nichés dans les vallons et les troupeaux de vaches créent un tableau idyllique. La route, sinueuse mais plus tranquille, permet de savourer chaque instant et de ressentir pleinement la sensation de liberté que procure la conduite en altitude. Des arrêts fréquents sont incontournables pour profiter de l’air pur et des panoramas grandioses.
- Le Pfaffensattel (1 372 m) – L’appel discret des routes forestières. Le Pfaffensattel, c’est un col comme on les aime : pas le plus haut, ni le plus spectaculaire, mais un vrai bijou caché pour ceux qui prennent le temps de quitter les grands axes. La route grimpe en douceur à travers une forêt dense et fraîche, des Alpes Orientales, où la lumière du matin filtre entre les sapins et joue sur l’asphalte encore humide. L’odeur de résine et de mousse accompagne la montée, ponctuée de virages souples et réguliers — un vrai plaisir à moto. Ce col, c’est un peu le contrepoint paisible aux géants alpins comme le Grossglockner : ici, pas de spectacle grandiose, mais une communion intime avec la montagne. Une route à parcourir lentement, juste pour le plaisir d’être là, dans le murmure des forêts autrichiennes.
La route restait presque déserte, le silence ponctué uniquement par le ronronnement des Tigers et le froissement des feuilles sous le vent. Ces instants suspendus, seuls au monde, sont gravés dans notre mémoire.
La soirée a pris une tournure surprenante. Nous avons trouvé un hôtel ultra‑technologique, automatisé jusqu’au moindre détail. L’interphone semblait vouloir nous défier : entre l’allemand et mon « anglais des 18 jours », nous avons jonglé pour nous faire comprendre. Une aventure à part entière !
Pour le dîner, nous avons marché jusqu’à une pizzeria repérée sur Google Maps. La salle était chaleureuse, l’odeur du four à bois enveloppante. Les pizzas étaient généreuses et fondantes, et les crêpes aux noix en dessert ont été un petit plaisir simple mais mémorable.
De retour à l’hôtel, l’éclairage automatique s’est éteint derrière nous comme une douce berceuse. Nous avons glissé sous les couvertures, bercés par le ronron discret de la chambre high-tech. Demain, la Slovaquie nous attend, ses routes et ses cols promettant de nouvelles découvertes. Chaque kilomètre sur ces petites routes sinueuses nous rapproche un peu plus de l’âme du voyage et du monde que nous aimons tant explorer.
Le Sölkpass, l’Autriche authentique : virages, silence et air pur des montagnes
Gafelsattel : La culture de la discrétion et le charme alpin
À l’Alppasshöhe, le col qui se cache dans un arrêt de bus
🛠️ Encadré pratique – Étape 8
- Itinéraire du jour :
- → Sölkpass : 1790 m, montée progressive et sinueuse, forêts et prairies alpines, points de vue nombreux, panorama spectaculaire, idéal pour photos
- →Gafelsattel : 1431 m, virages serrés et techniques, forêts et pâturages, panoramas lumineux sur crêtes et vallées, concentration nécessaire pour motards
- →Alplpasshöhe : 1173 m, route large et ouverte, balcon vertigineux sur vallées et sommets, paysages alpins variés, possibilité d’arrêts fréquents pour profiter de l’air pur
- →Pfaffensattel : entre Spital am Semmering et Rettenegg, dans le Land de Styrie (Steiermark). Une montée fluide et sinueuse à travers une forêt de sapins et de hêtres, revêtement impeccable, idéale pour les motards. C’est une route paisible, peu fréquentée, ambiance intimiste et nature omniprésente
- Conseils pratiques : prévoir eau, crème solaire, s’arrêter pour profiter des panoramas et savourer l’air alpin
🎻 Rencontre du jour
On pensait entendre le ronron des Tigers… mais c’est un violon géant qui a volé la vedette !
On s’est demandé un instant si c’était le générique d’un nouveau “Colissimo symphonique”… 🎶
Rencontre insolite sur la route – Autriche
🌍 Jour 9 – Destination Slovaquie : Le Contraste
Ce matin, le soleil s’infiltrait doucement à travers les rideaux de notre hôtel, dessinant des motifs dorés sur la table du petit-déjeuner. Simple, copieux, réconfortant… mais nous avons senti l’absence des viennoiseries, ce petit détail parisien qui nous manque parfois, même en banlieue de Vienne.
Nous avons enfilé nos tenues d’été et repris la route, direction la Slovaquie. La plaine s’étendait à perte de vue, droite et tranquille, un contraste saisissant avec les routes sinueuses des Alpes. Les villes et villages défilaient comme des illustrations dans un livre de voyage : toits colorés, églises élancées, petites places où le temps semblait ralentir. Le Danube s’est offert à nous à Bratislava, étincelant sous le soleil, et son pont emblématique nous a rappelé que chaque frontière est aussi un passage vers l’inattendu.
Notre première vraie halte fut Manínska tiesňava, des gorges étroites où la roche se resserre comme pour protéger un secret millénaire. Nous aurions voulu y acheter un petit souvenir, mais la boutique était fermée. Qu’importe : le lieu, silencieux et majestueux, suffisait à nous remplir d’émerveillement.
Le chemin nous mena ensuite à Rajecké Teplice, où un hôtel luxueux nous accueillit comme un trésor caché. La chambre, spacieuse et raffinée, fut un véritable havre après la chaleur et les kilomètres avalés. Malgré les 25 °C annoncés, la fraîcheur de l’air slovaque rendait chaque respiration agréable, presque apaisante. Une petite sieste s’imposa, bercés par le murmure discret des arbres et le parfum de l’air de montagne.
Le soir venu, nous avons exploré les ruelles calmes et charmantes de la ville. Le dîner fut une aventure culinaire en soi : un plat de viande locale, le « rump », savoureux et parfumé, accompagné d’une expérience insolite pour Cristian : un caramel à la bière, surprenant et mémorable. L’atmosphère prit ensuite une teinte magique quand une accordéoniste se mit à jouer pour une table d’anniversaire. Les notes dansaient dans l’air, mêlées aux rires et aux regards émerveillés. Un instant de folklore authentique, qui restera gravé dans nos mémoires.
La nuit tombée, nous avons regagné notre chambre, laissant derrière nous les sons et les lumières d’une ville qui vit doucement. Le voyage continue demain, et chaque kilomètre nous rapproche un peu plus de l’âme de l’Europe centrale.
Entrée en Slovaquie – Passage de frontière à moto
Manínska Tiesňava – La gorge secrète de Slovaquie
Menu slovaque – Pause gourmande sur la route
🛠️ Encadré pratique – Étape 9
- Itinéraire du jour :
- →Trajet Vienne → Bratislava → Slovaquie : routes plates, traversée de villages pittoresques, franchissement du Danube
- →Manínska tiesňava : gorges étroites, randonnée courte possible, point photo incontournable
- → Rajecké Teplice
- Conseils pratiques : Préparer quelques mots de base en anglais pour la communication
🎶 Rencontre du jour
Une table d’anniversaire avec une accordéoniste : un moment de folklore improvisé qui a donné à notre soirée une touche musicale et authentique, ponctuant notre arrivée en Slovaquie d’une rencontre culturelle unique.
Surprise d’anniversaire en Slovaquie – Une accordéoniste entre en scène
🌍 Jour 10 – De la Sérénité Thermale aux Nuits Animées des Carpates
Le soleil filtrait à travers les volets de notre chambre, réveillant doucement nos sens. Le petit-déjeuner était généreux, chaque produit choisi avec soin, parfait pour recharger nos batteries avant une nouvelle journée sur les routes d’Europe centrale.
En quittant Rajecké Teplice, nous avons eu un coup d’œil admiratif à cette ville thermale au charme ancien : façades colorées, rues pavées et architecture riche, qui respirent l’histoire et la sérénité. Mais le charme des lieux s’accompagnait d’un défi pratique : les zones piétonnes transformaient chaque point d’intérêt en circuit de randonnée. Impossible de garer nos motos sans payer pour une journée entière. Nous avons donc poursuivi notre route, laissant ces trésors pour une prochaine visite.
L’air s’est rafraîchi à mesure que nous prenions de l’altitude et nous avons ajusté nos tenues pour rester confortables. Le roadbook du jour nous a menés vers la Pologne, un changement de paysage presque imperceptible : aucun panneau européen, juste un petit panneau réglementaire annonçant la frontière, comme pour nous rappeler que les frontières peuvent être subtiles et discrètes.
Notre destination : Zakopane, station de ski animée et pittoresque. Notre hébergement se situait à l’écart du tumulte, dans une maison typique de la région, faite de triangles superposés, symbole de l’architecture locale. Après avoir posé nos affaires, nous avons profité d’un jacuzzi bien mérité, trente minutes de pur bonheur suspendu dans l’air frais du soir, entourés par les montagnes silencieuses.
Pour le dîner, nous avons marché une vingtaine de minutes jusqu’au centre-ville. Les rues s’illuminaient doucement et les odeurs des cuisines locales flottaient dans l’air. Nous avons choisi un petit restaurant où chaque assiette semblait inviter à la dégustation. Le repas était un pur régal, et sur le chemin du retour, une glace achetée dans une petite baraque de rue a conclu notre soirée sur une touche sucrée et délicieuse.
De retour à l’hébergement, la nuit avait pris possession des lieux. Les fenêtres ouvertes ont laissé entrer des insectes volants qui se sont imposés dans la chambre, transformant ce moment en petite aventure nocturne. Les aboiements lointains des chiens et les étoiles scintillantes au plafond naturel ont finalement bercé notre sommeil, nous rappelant que même au cœur des imprévus, l’aventure reste magique.
Pause au parc des Hautes Tatras – L’art au cœur de la nature
Tatras – partager la route, quel que soit le nombre de chevaux. 🏍️🐎
Entrée en Pologne – Nouvelle étape du roadtrip moto
🛠️ Encadré pratique – Étape 10
- Itinéraire du jour
- → Rajecké Teplice
- → Zakopane (Pologne)
- Routes / cols du jour : routes vallonnées, paysages contrastés entre Slovaquie et Pologne, transition frontière discrète, routes de montagne typiques autour de Zakopane
- Conseils pratiques : prévoir protection contre la fraîcheur, insectes nocturnes et attention aux zones piétonnes en ville, eau et petites collations pour les longues portions sans halte
🏔️ Rencontre du jour
Une promenade dans le centre de Zakopane nous a permis de croiser des familles locales et des touristes curieux, partageant des regards et des sourires, et nous rappelant que chaque ville a son rythme et son âme.
Maison décorée près du parc Aphrodite – Charme slovaque
🌍 Jour 11 – Cuisine polonaise, route tchèque et une nuit de luxe
La nuit fut très courte. À 4 h 30, la lumière vive s’infiltrait déjà par les grandes fenêtres sans volets ni rideaux, nous réveillant bien trop tôt. Le soleil polonais n’attend pas, et il nous rappelait que la route était là, prête à être avalée.
Le buffet du petit-déjeuner fut un véritable choc culturel. Gargantuesque, généreux, mais tellement différent de ce que nous connaissons. Pas de viennoiseries ni de douceurs sucrées, mais une profusion de poissons fumés, de viandes grasses et de plats salés. Christian s’est servi du bacon et des œufs, jusque-là tout allait bien… Mais en croyant attraper des champignons nappés d’une sauce blanche, il s’est retrouvé avec du poisson baignant dans une préparation épaisse et surprenante. Une découverte gustative déroutante qui nous a fait sourire dès le matin. Pour ma part, je suis restée fidèle à une valeur sûre : céréales, yaourt aux myrtilles et un chocolat chaud délicieusement onctueux.
Motos rechargées, nous avons pris la route. Le roadbook du jour annonçait une étape de transition, sans col à franchir. Pourtant, les 200 km parcourus entre la Pologne, la Slovaquie et la République tchèque ne furent pas sans charme : forêts denses, clochers baroques et villages aux toits rouges défilaient, comme des morceaux de cartes postales éparpillés sur notre chemin. Mais le véritable clou de la journée fut la route 44.
Une route sinueuse, dessinée comme un ruban dans la montagne, où chaque virage semblait avoir été tracé par un passionné de circuits automobiles. Dès l’entrée, un grand panneau jaune fluo nous avertissait : « DANGER », avec une faucheuse menaçante. Le ton était donné. Les motards le savent : ce genre de route est une tentation irrésistible. Nous n’étions pas les seuls à succomber, car des vidéastes, youtubeurs et tiktokeurs, installés au bord de la chaussée, filmaient les passages des motos avec enthousiasme. Nous avons parcouru ces 20 km dans les deux sens, nos Tigers ronronnant avec une précision chirurgicale, et nos sourires cachés derrière les casques. Un moment d’adrénaline pure, gravé dans nos mémoires.
L’arrivée à notre hébergement fut une douce surprise. Non seulement la chambre était spacieuse et élégante, mais l’hôtel cachait un véritable complexe bien-être. Après la route, nous avons pu plonger dans une piscine dotée d’un banc high-tech diffusant des bulles massantes, puis profiter d’un jacuzzi rond assez vaste pour accueillir huit personnes. Un hammam enveloppant, un sauna apaisant et même une salle de repos avec des chaises longues aux matelas moelleux complétaient l’expérience, bercés par une musique d’ambiance relaxante. Ce fut une véritable parenthèse de détente après les frissons de la route.
Le soir, le restaurant de l’hôtel nous a comblés de saveurs délicates à prix abordable. Les jeunes serveurs, souriants et espiègles, ont même tenté quelques mots en italien, dont un « mi amor » lancé à mon attention, déclenchant un éclat de rire général. Un dernier clin d’œil joyeux avant de rejoindre notre chambre.
À 20 h 30, le corps apaisé et l’esprit encore rempli des courbes de la route 44, nous étions déjà allongés. La journée de demain s’annonce tout aussi prometteuse, avec une halte attendue : la mystérieuse grotte des motards.
Buffet de petit-déjeuner en Pologne – Saveurs et abondance
Une nuit de luxe au sommet – Détente intérieure
🛠️ Encadré pratique – Étape 11
- Itinéraire du jour
- → Zakopane (Pologne)
- → région de Jeseník (République tchèque)
- Kilométrage :
- → environ 200 km,
- → alternance de routes frontalières (Pologne / Slovaquie / République tchèque)
- Route marquante :
- → Route 44 – portion de 20 km ultra-sinueuse, très technique et prisée des motards et créateurs de contenu
- Conseils pratiques :
- → se préparer à un petit-déjeuner très salé en Pologne
- → rester concentré sur la signalisation de danger sur la route 44,
- → prévoir du temps pour profiter des installations bien-être des hébergements
🎥🏍️ Rencontre du jour
Sur la route 44, nous avons échangé quelques mots et sourires avec des vidéastes amateurs – youtubeurs et tiktokeurs – installés au bord de la chaussée pour filmer les passages des motos. Leur passion, aussi intense que la nôtre, témoignait de l’aura de cette route mythique, devenue une véritable scène à ciel ouvert.
Route 44 – Le ruban des motards au cœur des Jeseníky
🌍 Jour 12 – Courbes, routes cabossées et la mystérieuse grotte de l’Enfer
Le petit-déjeuner reste fidèle à la tradition de l’Est : copieux, salé, généreux. Ici, pas de croissant ou de tartine beurrée : ce sont les fromages, charcuteries et pains denses qui ouvrent le bal de la journée. Un carburant idéal avant de reprendre nos machines.
Nous retrouvons la majestueuse route 44, déjà parcourue la veille, qui nous offre encore une fois son enchaînement de courbes parfaites. Mais la République tchèque ne se limite pas à ces rubans de velours. Très vite, nous basculons sur des routes de campagne cabossées, pleines de rustines de goudron et de bosses en série.
Résultat : un enchaînement incessant de bosses et de virages. « Bosses-virage-bosses-ligne droite-bosses » : un véritable rythme, comme une danse un peu folle.
À tel point que l’une de nos GoPro se retourne, filmant le ciel bleu à la place de notre route. Nous en rions, conscients que c’est le prix à payer pour sortir des axes trop sages.
La route est ponctuée de travaux, preuve que l’infrastructure évolue, peut-être pour tracer une future autoroute. Mais pour l’instant, c’est une aventure brute, à la saveur authentique.
Puis, soudain, nous plongeons dans un univers totalement inédit : la fameuse grotte de l’Enfer (Hell’s Mine – Pekelné Doly).
Imaginez une immense cavité souterraine, creusée dans la roche, où l’on peut rouler directement avec sa moto. Les phares des machines découpent l’obscurité, les moteurs grondent et leurs échos se répercutent contre les parois humides. On a l’impression d’entrer dans une cathédrale minérale dédiée aux deux-roues.
Chaque recoin de la grotte révèle une cavité thématique, mise en scène avec des éléments liés à l’univers de l’Enfer : statues, lumières rouges, décors inquiétants. Ces petites « chapelles » souterraines créent une atmosphère surréaliste, comme si l’on avait roulé droit dans les limbes. L’expérience est à la fois troublante et fascinante : un mélange d’adrénaline, de curiosité et d’émerveillement.
L’atmosphère est pourtant fraternelle. Des dizaines de motos stationnées, des discussions dans toutes les langues, des styles qui s’entrechoquent mais se respectent. Custom chromés, trails poussiéreux, sportives racées : tout cohabite dans un esprit bon enfant.
C’est ici que nous rencontrons un couple de Lituaniens.
Lui chevauche une Goldwing revisitée façon Mad Max, bardée de pièces bricolées et de détails post-apocalyptiques. Sa moto attire tous les regards, mi-spectacle, mi-provocation mécanique. À ses côtés, sa compagne manie avec assurance une vieille BMW massive, une monture lourde, patinée par les années. Le contraste est saisissant et leur duo respire la passion et l’originalité. Le temps d’un échange, nous partageons anecdotes et sourires, heureux de croiser des voyageurs aussi atypiques.
À l’intérieur de la grotte, les odeurs d’essence se mêlent à l’humidité, tandis que le son des moteurs devient presque une musique tribale. On pourrait rester des heures à observer ce ballet mécanique sous terre, rythmé par ces mises en scène infernales qui ajoutent un côté théâtral à l’expérience.
Le déjeuner se prend sur place, avec un sandwich typique à la souris de porc effilée, relevée de moutarde, servi dans un pain souple. Simple, efficace, et absolument délicieux.
Après quelques clichés et les incontournables souvenirs – t-shirt et sticker Hell’s Mine – nous reprenons la route.
Le soir approche quand nous atteignons Děčín, où l’Elbe s’étend majestueusement entre falaises et verdure. Le paysage nous coupe le souffle, comme une toile grandeur nature.
Notre hébergement est un havre de sérénité, doté d’un espace wellness. Mais ce qui nous amuse le plus, c’est l’évidente passion des propriétaires pour la France. Dans la salle de bain, des produits Occitane en Provence ; dans le hall, des photos de bastides provençales, notamment à Cheval-Blanc. Une touche inattendue qui nous fait sourire.
Le dîner est une immersion dans la gastronomie tchèque : graton de canard, cuisse d’oie confite pour moi, steak local pour Cristian, et pour conclure, un strudel parfumé. Une soirée de saveurs et de rires, qui vient clore une journée riche en contrastes.
Nous nous couchons avec dans la tête l’écho des moteurs dans la grotte et dans le cœur la chaleur des rencontres
Dans les entrailles de l’Enfer – République tchèque
Rencontre au cœur de l’Enfer – République tchèque
🛠️ Encadré pratique – Étape 12
- Itinéraire du jour
- → Région de Jeseník
- → Děčín (République tchèque)
- Kilométrage :
- → environ 280 km
- Sites remarquables :
- → Hell’s Mine (Pekelné Doly)
- → vallée de l’Elbe à Děčín
- Conseils pratiques :
- → bien fixer ses caméras d’action,
- → prévoir du temps pour profiter de la grotte
- → goûter le sandwich à la souris de porc effilée
🏍️🔥 Rencontre du jour
Dans les profondeurs de la grotte de l’Enfer, nous avons partagé un moment unique avec un couple de motards lituaniens.
Lui, sur une Goldwing métamorphosée en machine de film post-apocalyptique, elle, sur une BMW ancienne, massive et noble. Deux motos aux antipodes mais réunies par la même passion du voyage et de la liberté. Leur passage a ajouté une touche de folie et d’authenticité à ce décor déjà hors du commun.
Devant la grotte de l’enfer – rencontre entre motards
🌍 Jour 13 à 15 – Pause chaleureuse en Allemagne
Après de longues journées de route, de cols et de paysages à couper le souffle, il était temps de souffler un peu. Nous avons posé nos valises à Ulm, en Allemagne, chez le cousin de Cristian. Et dès notre arrivée, nous avons été accueillis comme des rois.
Katharina, véritable cordon bleu, nous a régalés de plats généreux et savoureux. Chaque repas était une fête, une découverte culinaire où l’on sentait tout l’amour qu’elle met dans sa cuisine.
Ces journées de repos furent rythmées par des petits plaisirs simples. Chaque matin, nous partions en balade en forêt avec Freddy, le cousin de Cristian, et Elly, leur labrador. Freddy connaît la forêt comme sa poche et nous a guidés sur de beaux sentiers, tandis qu’Elly, une vraie pile électrique, bondissait dans les herbes hautes avec une énergie communicative. Ces promenades, légères et joyeuses, nous reconnectaient à la nature après tant d’heures de vrombissements de moteurs.
Durant ces quelques jours, nous avons aussi partagé de nombreux repas avec Jay, qui venait régulièrement à la maison, souvent accompagnée de deux amis : une copine pétillante et un copain au sourire facile. Après ces moments conviviaux autour de la table, ils filaient tous les trois profiter du festival de musique qui battait son plein dans les environs.
De notre côté, nous avons préféré la tranquillité de la maison et les discussions animées à table, mais une petite idée s’est glissée dans un coin de nos têtes : pourquoi ne pas découvrir ce festival lors d’une prochaine visite ?
Le point culminant de ce séjour fut sans conteste le grand barbecue du samedi midi, organisé pour célébrer les 80 ans de Johan, le père de Freddy. Un moment suspendu, plein de chaleur humaine.
Autour de la grande table dressée dans le jardin, toutes les générations s’étaient rassemblées : les anciens, les jeunes. Les langues se mélangeaient – allemand, roumain, français, anglais – mais au final, tout le monde parlait la même : celle du partage, des rires et des souvenirs. Les grillades crépitaient, les verres s’entrechoquaient, et le soleil illuminait les visages heureux.
Nous avons savouré ces instants simples mais précieux, comme un coussin de douceur au milieu de notre périple. Une parenthèse familiale, rassurante, réconfortante.
Ce dimanche après-midi se poursuit dans la même atmosphère paisible. Demain matin, il sera déjà temps de repartir. La dernière semaine de notre aventure à moto nous attend, promettant encore de belles découvertes.
Rencontre sur l’aire de repos : Un couple de passionés
Pause bretzel – Cadeau de Katharina et Freddy
🛠️ Encadré pratique – Étape 13 à 15
- Lieu : Ulm (Allemagne)
- Durée : 3 jours de pause
- Activités : balades en forêt, repas conviviaux, barbecue familial
- Conseil pratique : profiter de ces moments de repos pour recharger aussi bien les batteries des motos… que celles des motards !
🎉 / 🎶🍷 Rencontres de pause
Deux figures marquantes de cette halte méritent d’être mises en avant :
- Johan, le père de Freddy, qui a fêté ses 80 ans avec humour, chaleur et une vitalité communicative.
- Jay, toujours entourée de ses deux amis, apportait une énergie joyeuse à chacun de nos repas avant de filer au festival. Leur complicité et leur insouciance donnaient une touche festive à nos soirées, comme un écho extérieur aux rires de la maison.
🌍 Jour 16 – Retour sur la route et une bonne action en Allemagne
Le réveil a sonné tôt ce matin, juste le temps de dire au revoir à Freddy et Katharina.
Les motos chargées, les blousons fermés jusqu’en haut, nous avons repris la route dans la fraîcheur matinale de 16 °C. Les sous-couches et les leggings n’étaient pas de trop : aujourd’hui, pas d’aération ouverte, mais le souffle vif du matin qui rappelait que l’aventure reprenait.
Premier arrêt : Louis Moto. Cristian a acheté de l’huile et fait l’appoint directement sur le parking, avant un passage à la pompe. C’est alors qu’une scène inattendue a surgi : un cycliste est tombé juste devant nous, victime d’un malaise passager. Sans réfléchir, nous avons couru pour l’aider. Avec deux autres passants, nous l’avons relevé et rassuré, tandis qu’une troisième personne appelait les secours. Ne parlant pas la langue, nous avons simplement demandé d’un geste si tout était sous contrôle. L’homme, visiblement choqué mais conscient, était désormais entre de bonnes mains. Ce petit épisode nous a rappelé qu’un voyage, ce n’est pas seulement accumuler des kilomètres : c’est aussi être présent quand il le faut.
Après 260 km d’autoroute, monotones mais nécessaires, nous avons retrouvé les nationales allemandes. Là, nous avons sorti les fameux bretzels de Katharina pour une pause déjeuner rapide mais délicieuse. Le goût salé du pain, le moteur encore tiède sous nos jambes, et le ciel qui s’éclaircissait : un moment simple, mais parfait.
La frontière suisse franchie, nous avons gravi le col de Benkerjoch (674 m), un petit passage mais riche en charme, bordé de forêts verdoyantes. Un arrêt photo s’imposait, avant de céder à une tentation typiquement helvétique : quelques carrés de chocolat pour le dessert.
Notre hôtel du soir se situait à une vingtaine de kilomètres plus au sud. L’arrivée a cependant laissé un goût amer : pas de parking gratuit pour les motos, seulement une option à 18 francs suisses par machine. Une dépense un peu salée qui viendra noircir notre commentaire sur Booking. Nous avons donc garé les Tigers auprès des vélos, un brin résignés mais heureux de poser enfin les bagages.
La chambre, immense, nous a rapidement réconciliés avec le lieu. Après une douche bienfaisante et une courte sieste, nous étions prêts pour la soirée.
Soirée suisse au bord de l’Aar
L’appel du ventre nous a menés vers une petite pizzeria italienne où les plats savoureux ont comblé notre appétit. Ensuite, nous avons longé tranquillement l’Aar, profitant de la douceur du soir. Sous nos pas, le vieux pont en bois, chef-d’œuvre d’architecture historique, vibrait encore de siècles d’histoires.
Notre quête de dessert nous a conduits jusqu’au glacier Le Rubis, où de petits pots de glace artisanale ont scellé la journée. Une balade dans la zone piétonne, entre les façades illuminées et le murmure discret de la rivière, a achevé ce retour à la route sur une note paisible
Benkernjoch – 16 % d’inclinaison et 100 % de plaisir
Deux cygnes sur l’Aar – comme un reflet de notre voyage
Pont de bois à Aarau – entre passé médiéval et route du voyage
🛠️ Encadré pratique – Étape 16
- Itinéraire du jour
- → Ulm (Allemagne)
- → Benkerjoch (674 m) → – petite route forestière suisse, idéale pour une mise en jambes après l’autoroute
- → région de l’Aar (Suisse)
- Distance :
- → environ 300 km (dont 260 km d’autoroute)
- Pause gourmande :
- → bretzels de Katarina
- → chocolat suisse en dessert
- Point d’attention :
- → parking moto payant (18 CHF/moto/nuit) dans certains hôtels suisses
🌟 Rencontre du jour
Aujourd’hui, la rencontre du jour n’avait ni casque ni moteur.
Un troupeau de biches, discret et majestueux, nous a rappelé que la vraie route se vit aussi avec les yeux et le silence.
🌿 Rencontre inattendue – Troupeau de biches
🌍 Jour 17 – Un Festival de Cols Suisses
Dès le matin, le ton est donné. Petit-déjeuner royal : saumon gravlax, fromages affinés, fraises fraîches. De quoi faire le plein d’énergie avant une étape qui s’annonce corsée. Les sacs Lone Rider sont fixés, les Tigers ronronnent. C’est parti !
🎢 Col de Passwang (943 m)
Pas de mise en jambe tranquille : 11 % de pente dès le départ. La montée fouette l’adrénaline, la descente surprend par un tunnel étroit, sombre et pentu. Un premier défi qui nous met immédiatement dans l’ambiance.
🐄 Col de Schelten (1051 m)
Changement de décor. Ici, la vallée est verdoyante, paisible. Les vaches y sont reines, paissant sans se soucier des motos qui filent. Au sommet, des sentiers s’élancent vers les crêtes : le royaume des randonneurs.
🧀 Col de la Croix (789 m)
Un passage gourmand, presque irrésistible. La fromagerie locale invite à s’arrêter, humer l’odeur des meules et goûter aux saveurs du terroir. Nous notons l’adresse pour un futur arrêt… mais la route nous appelle.
🌲 Col de Montvoie (858 m)
Dernier col de cette petite enclave suisse, où les forêts épaisses dessinent une ombre fraîche sur l’asphalte. L’air embaume la résine, la descente glisse comme une respiration.
☀️ Col de Mont-Crosin (1227 m) → Col de Chasseral (1502 m)
Google Maps se joue de nous. Le GPS nous arrête devant… un banal arrêt de bus. Pas de panneau, pas de sommet. Frustration. Mais on insiste, on bascule de l’autre côté. Et soudain, la magie opère.
La route se transforme en un ruban féérique. Les montagnes s’ouvrent, les lacets s’enchaînent. Enfin, le panneau du col apparaît. Soulagement et joie. Nous poussons encore un peu, et là : le coup de grâce. Une terrasse d’hôtel-restaurant avec vue aérienne sur le lac de Bienne et le lac de Neuchâtel. Panorama à couper le souffle. C’est LE moment fort de la journée.
🇨🇭 Col de la Tourne (1170 m)
En quittant les hauteurs, nous faisons cap vers le Jura neuchâtelois. Le col de la Tourne, véritable classique de la région, nous attend. La montée est douce, bordée de forêts épaisses qui laissent parfois apparaître des clairières lumineuses. La chaussée, bien entretenue, serpente dans un décor bucolique. Au sommet, on profite d’une ambiance paisible : quelques randonneurs, des cyclistes, et une vue dégagée sur les pâturages du Val-de-Ruz. Un col accessible mais au charme indéniable.
🇨🇭 Col des Étroits (1153 m)
Un peu plus loin, le col des Étroits nous offre une atmosphère plus austère, fidèle à son nom. La route se rétrécit par endroits, coincée entre rochers et sapins. L’impression est presque celle d’un passage secret entre deux mondes. La traversée est rapide, mais le décor frappe par son caractère : les forêts denses du Jura donnent un côté mystérieux à cette portion, accentué par la lumière déjà plus basse de la fin d’après-midi.
🇫🇷 Retour en France – Pontarlier
Ces deux derniers cols cochés, nous plongeons vers Pontarlier. La circulation s’intensifie, les feux s’enchaînent, les voitures ralentissent notre rythme. Mais rien ne peut effacer le sourire que nous avons sous nos casques : quelle étape !
Le soir, récompense inattendue : un restaurant asiatique à volonté. Buffets copieux, saveurs variées. Nous ressortons sous une pluie fine, au pas de course. Parfait pour digérer.
Passwangpass – là où la route murmure au vent
Scheltenpass – la discrète beauté du Jura
Col de la Croix – l’horizon tranquille du Jura
Col de Montvoie – la frontière des chemins
Col des Étroits – au seuil de la France
Col de la Tourne – la route entre ombre et lumière
🛠️ Encadré pratique – Étape 17
- Itinéraire du jour :
- → région de l’Aar (Suisse) → Pontarlier (France)
- → Passwang (943 m – pente à 11 %)
- → Col de Schelten (1051 m – vallée verdoyante)
- → Col de la Croix (789 m – fromagerie artisanale)
- → Col de Montvoie (858 m – forêt)
- → Col de Mont-Crosin (1227 m)
- → Col de Chasseral (1502 m – vue exceptionnelle sur les lacs de Bienne & Neuchâtel)
- → Col de la Tourne (1170 m)
- → Col des Étroits (1153 m)
- Distance :
- → environ 280 km
- Point fort :
- → panorama du Chasseral, immanquable
- Point faible :
- → circulation chargée à Pontarlier + météo pluvieuse en soirée
⭐ Anecdote
Au Chasseral, on a appris qu’il ne faut jamais s’arrêter à la première impression. La plus belle vue, comme la plus belle aventure, se cache toujours un peu plus loin.
Col du Chasseral Suisse – panorama sur les lacs du Jura bernois
🌍 Jour 18 – La Dernière Ligne Droite
Le réveil s’est fait sous un ciel chargé, annonciateur de la tempête Erin qui traversait la France, pile sur notre route. Nous avons échangé un regard complice : la fin approchait, mais il restait encore une dernière danse à donner aux virages.
Avant de rejoindre l’autoroute, nous avons filé vers le col de la République (1 161 m), moins de vingt kilomètres pour savourer une dernière fois le plaisir des lacets et des panoramas qui s’étendent à perte de vue. La route serpente entre forêts de conifères et prairies verdoyantes, avec quelques épingles serrées et des virages en S qui réveillent la concentration. Les sommets environnants offrent un spectacle doux et sauvage, ponctué de clairières où la lumière joue avec les ombres. Chaque virage semblait murmurer au moteur de la Tiger : « Souviens-toi de tout ça… ». La montée, douce mais constante, laisse le temps d’admirer les montagnes environnantes, et le vent frais du matin apporte un parfum de liberté unique pour clore ce voyage.
Le Jura nous a offert son dernier souffle d’aventure, entre forêts et vergers. Une halte dans une fruitière nous a permis de ramener un peu de cette terre, quelques fromages et douceurs pour prolonger le voyage dans nos souvenirs.
Puis l’autoroute a repris le rôle principal, mais le cœur était ailleurs. Nous avons roulé, écouté le ronron des moteurs, et observé la pluie se rapprocher. À notre arrivée à la maison, la tempête nous a épargnés : comme si le ciel avait respecté la fin de notre odyssée.
Col de la République – dernier souffle du roadtrip
🛠️ Encadré pratique – Étape 18
- Itinéraire du jour :
- → Pontarlier
- → Col de la République (1 161 m) – route en lacets avec épingles, forêts et prairies, panorama sur le Jura
- → Marseille
- Kilométrage :
- → ~600 km
- Point faible du jour :
- → Tempête de pluie et une vigilance orange/rouge sur tout le trajet
- À emporter :
- → Fromages locaux, souvenirs gourmands du Jura
🌟 Moment fort
Le compteur ne ment pas : le roadtrip est terminé… mais les souvenirs, eux, continueront de tourner avec nous à travers les paysages de 7 pays.
Kilométrage total, durée et vitesse moyenne – fin du roadtrip moto à travers 7 pays
Les moteurs se sont tu, Les Casques rangés …
… mais notre esprit continue de zigzaguer entre les cols, les virages et les glaciers aperçus au détour des routes. Chaque pause, chaque arrêt-photo, chaque goulash englouti au bord d’un lac ou d’une rivière, résonne encore comme un petit clin d’œil à l’aventure.
On repense aux rencontres improbables : Tobias le Hongrois partageant ses histoires de moto, le couple de Lituaniens avec leurs machines dignes d’un film Mad Max, et même aux moustiques autrichiens qui ont tenu leur rôle avec brio… Bref, tout un monde qu’on a eu le plaisir de croiser.
Et puis, il y a ces instants simples : la brume des cascades, le vent sur le visage dans un virage en épingle, le parfum du chocolat chaud ou d’un pain frais à Ulm… Des détails minuscules mais qui font que ce road trip reste gravé, un sourire permanent collé aux lèvres.
Le carnet se referme, mais l’aventure reste : dans nos mémoires, dans nos photos, et surtout, dans l’envie irrésistible de repartir, dès que la route nous appellera à nouveau.
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